Nicolas et Louise

Un billet un peu spécial aujourd’hui : l’interview de Nicolas Jules par Louise M., jeune fan de l’artiste et écrivain en herbe, que vous retrouverez peut être ici de temps en temps…

Bonjour, monsieur Nicolas Jules…
Bonjour mademoiselle Louise M.

Comment allez-vous ?
Bien

Nicolas Jules, c’est ton vrai nom, ou c’est un pseudo ? (question idiote)
Je m’appelle en réalité Johnny Hallyday mais comme il y a déjà un gars qui chante sous ce nom, j’ai préféré prendre un pseudo.

Les deux musiciens avec qui tu travailles, Roland Bourbon et Béatrice Gréa, tu les as rencontrés quand, et comment ?
A l’époque je suis accompagné par Emmanuelle Bercier (qui finira par tourner avec ses propres chansons) et Dav-Ton Ripault. Un soir de 1999, nous jouons à Bordeaux avec « Traumat & Triogolo », le batteur s’appelle Roland Bourbon. Musicalement et humainement c’est une rencontre forte. J’envisage de lui demander de jouer avec moi. Je ne le fais pas tout de suite. On se revoit un peu. Le temps passe et je finis par tourner en solo. Beaucoup. En 2006 je l’appelle (osant à peine car c’est mon batteur préféré au monde) pour lui demander s’il ne veut pas partir avec moi sur les routes. Il dit oui, on part.
Un soir de 2009, nous jouons à Fresnes. A la fin du spectacle je salue une amie, Agnès Gréa. Elle est venue avec sa soeur que je n’avais jamais vue, Béatrice. Après un bonjour poli, chacun disparaît. Or, j’ai l’idée depuis quelques temps de repartir avec un nouveau spectacle et d’y intégrer, en plus de Roland, une contrebasse. Roland est le Lino Ventura de la batterie, une présence pure et décilcieusement brutale, je cherche son opposé(e), élégance et mystère, un genre de Stéphane Audran avec archet. Un vague souvenir me traverse : Agnès m’avait dit un jour que sa soeur était contrebassiste, mais oui, c’est elle. Parfait. J’y crois, à l’instinct. Je l’appelle, elle est d’accord, on essaie de jouer, c’est pas terrible, on retente le coup, c’est mieux, j’hésite, je n’hésite plus, on jouera tous les trois. Et on s’amuse.

Est ce qu’il y a des groupes, ou des chanteurs, qui t’ont influencés, ou qui t’on donné envie de faire de la musique ?
J’ai commencé très jeune enfant à mettre les disques sur la platine. C’étaient les disques qu’écoutait mon père, et c’est ma première formation musicale. Très tôt et jusqu’à l’adolescence PINK FLOYD était LE groupe fétiche. Et puis ANGE, LED ZEPPELIN, HENDRIX, JETHRO TULL…
Autre influence marquante, les DOORS. J’ai vu qu’ils reprenaient une chanson d’un certain JOHN LEE HOOKER. C’est en écoutant ce dernier que j’ai eu vraiment envie de faire de la guitare… mais je n’ai pas commencé tout de suite…
Adolescent, côté francophone, je découvre d’abord HIGELIN, RENAUD et BERNARD LAVILLIERS. Puis je me plonge dans BRASSENS et BARBARA. Enfin, ont compté beaucoup, en vrac, TOM WAITS, JOHN ZORN, FATS WALLER, DYLAN, ELLA FITZGERALD, ROLLING STONES, FRANCOIS DE ROUBAIX, PHILIPPE SARDE, GAINSBOURG, JB LENOIR, CHUCK BERRY, ELVIS PRESLEY, MARC RIBOT, JEAN LELOUP

Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?
Mes chanteurs francophones actuels préférés sont vivants ! DANIEL HELIN, URBAIN DESBOIS, SARCLORET, FRANK MARTEL.

Qu’est ce que tu lis en ce moment ?
De la poésie contemporaine. Au hasard des intuitions et des bouquinistes.

Quels livres as-tu aimés ?
Essentiellement des recueils de poèmes, de TRISTAN CORBIERE, BAUDELAIRE, RENE CHAR, HENRI MICHAUX, JACQUES DARRAS, PATRICE DESBIENS… Si je devais citer un roman : « voyage au bout de la nuit » de CELINE.

Travailles-tu beaucoup l’écriture de tes chansons ou est ce qu’une fois que tu as l’inspiration, tu écris la chanson d’un seul coup ?
Je cherche un peu tout le temps, et beaucoup parfois. Ca ne vient jamais tout seul. Quand je décide d’écrire, ça se passe en ville. Je marche beaucoup, je cherche non pas une idée mais un télescopage de mots, un genre d’accident. Je rentre dans un bistrot. J’écris dans un bistrot. Des demi phrases, des morceaux de vers. Souvent me revient une obsession de deux ou trois mots que je traîne depuis des mois voire des années. Je marche à nouveau, je retourne au bistrot. La journée se passe et j’ai attrapé quelques sensations désordonnées dans un carnet ou, deuxième et heureuse possibilité, les mots en ont réveillés d’autres et une chanson m’est apparue. C’est comme à la pêche. Tu es là, les poissons aussi, mais ça ne mord pas.Tu attends près de l’eau. Et puis tout d’un coup ça mord et ça va très très vite ! Si tu n’étais pas venu, il ne se serait rien passé.

Composes-tu d’abord les musiques ou les textes ?
D’abord les textes. Parce que les musiques, c’est le dessert.

Ecris-tu autre chose que des chansons ? (à part ta liste de courses…)
Parfois je me perds à écrire des proses diverses. Et puis je relis… non. Il faut que je fasse des chansons. Et je n’ai jamais écrit de liste de course.

Quel est ton poète favori ?
RIMBAUD

Es-tu satisfait de la manière dont se déroule ta carrière ?
Satisfait non, mais assez heureux d’être assez heureux.

Est-ce qu’il y a des moment de la journée, ou des endroits où tu écris en particulier , ou écris-tu un peu n’importe où et n’importe quand ?
Dans la rue, dans un bistrot, souvent l’après midi.

Le bleu, le rouge et le blanc reviennent souvent dans tes chansons. C’est un hasard ou c’est fait exprès ?
Je l’ai pas fait exprès madame. y’a pas mal de noir aussi, as-tu remarqué ?

Quels sont tes projets, par rapport à la musique ? ( Nouveaux musiciens, nouveau CD…)
Continuer à faire tourner les chansons de SHAKER, le dernier album.
Et puis réfléchir au prochain… j’ai déjà quelques chansons nouvelles.

As tu des projets de collaboration avec d’autres artistes ?
Non. Pas à l’horizon. Je ne cherche pas… c’est le hasard qui décide.

Tes chansons sont souvent assez tristes et tes spectacles, au contraire, sont très drôles, penses-tu être schizophrène, et si non, qui est le vrai Nicolas Jules ?
J’écris en solitaire et je vais au fond de mes pensées. Dans le fond il fait un peu plus noir. Quand je suis en représentation ou en compagnie des autres, je mets un peu plus de lumière et de légèreté, parce que c’est la moindre des politesse.

Participes-tu parfois à des concerts de soutien pour des causes ? Si oui, lesquelles ?
Des concerts de soutien, oui. Mais je ne chante pas pour des causes humanitaires, je chante pour des gens qui ont de l’humanité. Pas pareil.

Tu joues dans plusieurs sortes d’endroits : Dans des petites salles, des grandes, et parfois en plein air. Quel type de spectacle préfères-tu ?
Je préfère un bon spectacle avec un bon public. Un bon public est un public un peu critique donc pas trop bon public, tu me suis ? Et je préfère souvent jouer à l’intérieur, dans tous les types de salles.

Quel conseils donnerais-tu à des jeunes qui veulent monter un groupe de musique ?
Pas de conseil

Souhaites-tu poser des réponses à d’autres questions ?
Oui.
A la question : aimes-tu Tom Cruise ?
Je réponds : non, j’aime Paul Meurisse.
A la question : aimes-tu ton prochain ?
Je réponds : je préfère sa soeur.
A la question : aimes-tu ta patrie ?
Je réponds : et ta soeur ?
A la question : Connais-tu la librairie M. ?
Je réponds : bien sûr, n’allons pas à Cultura.

Question bonus : Est-ce-que tu as choisi Guitton et Coquin comme techniciens parce qu’ils ont du talent, ou juste à cause de leurs noms ?
A cause de leurs physiques d’apollons grecs.

Au revoir et merci d’avoir accepté de répondre à mes questions !
Avec plaisir
Bien à toi
Bien à vous
Kisses
NJ

4 réflexions sur « Nicolas et Louise »

  1. Voilà de la bonne (et même très bonne) interview, qui donne envie d’écouter les cd, d’aller voir ou revoir Nicolas Jules sur scène !
    Chapeau Louise !! tu as su le mettre sur de bonnes pistes pour qu’il se raconte si bien.
    Merci.

  2. Merci pour ces compliments
    Une interview de Béatrice ? Pourquoi pas… Mais il faudrait qu’elle soit d’accord !
    Je lui demanderais quand je la verrais… (Et à Roland aussi, pour pas faire de jaloux !)

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