Un petit homme en costume sombre arrive sur scène par la salle, une valise noire à la main. Son sourire radieux et son regard pétillant nous interrogent d'emblée sur notre capacité au bonheur. Vous le savez, vous, ce qui vous rend heureux, vraiment heureux ? Lui le sait. Et ça suffit à remplir sa vie. Il aime les sous-vêtements féminins, ceux qu'il achète et qu'il offre d'abord, puis ceux qu'il vole sur des corps à peine aperçus. Lui, le malade mental, le déviant, l'interné, il jubile.
C'est ainsi que durant près d'une heure et demie, Martin va nous entraîner dans son univers naïf et poétique où chacun de ses actes élabore son plaisir, à la chasse aux "falbalas" évocateurs (il faut le voir, épanoui et lumineux à la seule prononciation de ce mot !). Le mariage, le travail, les loisirs, il raconte sa passion dévorante et l'inadaptation sociale qui en découle, sans pathos. La souffrance semble d'ailleurs parfaitement absente de son être, et c'est sans doute son extraordinaire joie de vivre qui brutalement bouscule notre morale : et si c'était lui le normal ? Pourrait-il être à l'essence même de la condition d'humain, débarrassé de l'impact du regard des autres et enfin libre de ses fantasmes, somme toute bien anodins et finalement plutôt enviables ?
Entrer dans le monde intérieur de Martin, c'est se demander si l'on n'a pas oublié de se poser la question essentielle du bonheur, ce qui pourrait bien être notre handicap à nous...
Merci FIP pour la découverte !