Bruno :
Petit retour sur le concert de Claire Diterzi et Tender Forever en première partie à la salle du Galet à Pessac. Une salle qui semble neuve et dont j’ignorai l’existence jusqu’à lors. Une belle salle de spectacle qui sent presque le neuf.
La première partie est assurée par Tender Forever. Tender Forever c’est Mélanie Valera, jeune bordelaise webmaster et musicienne à ses heures perdues qui a eu la chance d’enregistrer son premier disque aux Etats-Unis.
Autant le dire tout de suite, cette jeune fille est une extra-terrestre. Mais une gentille extra-terrestre. Une extra-terrestre un peu androgyne qui nous veut du bien. Une jeune fille attachante, qui saute comme un petit lutin sur la scène. Une jeune fille qui nous explique qu’elle a besoin de faire bouger son corps en chantant. J’aime ses chansons même si elles sont toutes en anglais. J’aime ses mélodies même si elles semblent parfois bricolées. Et surtout j’aime son humour et sa façon de parler avec le public et d’expliquer l’origine de chacune de ses chansons.
La première partie n’est pas une première partie comme les autres. Le public semble l’apprécier. Le public applaudit et demande des rappels. Du jamais vu pour une première partie, vous pouvez me croire !
Au final, une vraie découverte pour moi et l’envie de la voir à nouveau sur scène. Mission accomplie !
Puis arrive Claire ! Claire Diterzi ! Celle qui pour qui je suis venu. J’ai connu cette jeune chanteuse grâce au magazine Les Inrockuptibles. Claire était présente sur une sélection avec sa chanson « Sur le pont d’Avignon ». Je suis tombé très rapidement sous le charme de sa voix et dans la foulée j’ai acheté son album « Boucle ».
J’ai eu la chance de la voir sur scène à Toulouse lors du dernier « Marathon des Mots » en juin dernier. Claire était présente dans « Vos omoplates se déboîtent, ô mes amours », un concert littéraire avec le jeune écrivain Arnaud Cathrine. Une soirée inoubliable dans le Cloître des Jacobins !
Mais revenons à Pessac et à sa prestation.

Claire arrive et j’ai du mal à la reconnaître. Cheveux tirés et corps plus élancé. Certaines personnes dans le public qui ne la connaissent pas sont surpris par sa voix. Car Claire Diterzi c’est avant tout une voix. Elle a une voix étrange et elle le sait. Des intonations graves, des intonations lyriques mais la voix toujours juste.
Claire chante les chansons de son album « Boucle » mais je ressens comme un petit malaise, car elle a du mal (ou elle cela n’est pas important pour elle) à faire partager son univers avec le public. Pas de vrai contact avec lui, ou alors sous le ton de d’humour parfois limite. Comme si elle ne souhaitait pas se produire corps et âme.
Claire semble savoir qu’elle produit des chansons particulières et parfois expérimentales mais les offre d’une façon brute, à prendre ou à laisser.
C’est parfois beau, parfois sublime mais parfois éreintant car un peu trop contemporain à mon goût.
A la fin du concert elle remercie le public avec un « merci pour votre curiosité » et je trouve cela bien car c’est vraiment le cas. De la curiosité était nécessaire pour découvrir cette chanteuse atypique, pour découvrir également son univers musical non formaté.
Donc au final, un concert mi-figue, mi-raisin avec le plaisir d’avoir entendu les chansons de « Boucle » sur scène. Enfin, je conseille à Claire Diterzi d’apprendre à considérer son public, à l’aimer et à l’avenir à lui faire partager un peu mieux son univers musical. Je pense qu’elle a tout à y gagner.
Message personnel destiné à Claire Diterzi, si un jour elle passe par là : (Mais n’allez pas croire, chère Claire que je ne vous aime plus. J’ai toujours beaucoup d’admiration pour vous et je fais la promesse ici même, d’acheter vos prochains albums et de suivre votre carrière.)
Marine :
Un p'tit tour vendredi sur le blog de l'adorable Bruno (http://www.20six.fr/chezbruno), et j'apprends que Claire Diterzi passe à Pessac le soir même. Ca fait un moment que j'entends parler de cette étrange voix, me voici partie.
La première partie, Tender Forever, pétille de malice et de joie de vivre. Cette drôle de fille moitié garçon enchante le public par sa vitalité "j'aime bien jouer du clavier, mais quand j'ai trop envie de danser, c'est pas pratique !" Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est décalée, étonnante et charmante. On se dit que ses parents ont dû se faire du soucis pour elle pendant quelques années, avant de découvrir que sa différence était une richesse. Son univers, honnête et solide (la voix surtout, quelle voix !) est sublimé par sa présence scénique, le public ne s'y trompe pas, son bonheur est palpable et communicatif.

Puis Claire Diterzi arrive, et c'est l'effet glaçon. Ses chansons sont des toiles d'araignée compliquées et hétéroclites qu'elle tisse laborieusement, maniant incessamment ses pédales d'effet, jouant la complicité auprès de son acolyte (j'ai décidément horreur de ces "musiciens" assis à une table devant un ordinateur). J'ai l'impression diffuse qu'elle nous fait un cours incompréhensible et qu'elle se repaît de notre déconfiture. C'est dommage, car à l'évidence, elle a un talent fou, une voix extraordinaire, une présence quasi magnétique. Mais la mayonnaise ne prend pas.
Est- ce de la prétention ? Ses interventions entre les chansons tendent à prouver le contraire. Peut être s'agit-il juste d'une échappée : elle est partie si vite et si loin qu'elle nous a perdus, oubliés en route. Elle ne nous a pas entraînés avec elle, elle nous a exclus.
Je ne sais pas si j'aime ou pas. Claire m'a dérangée et je n'ai pas envie d'y revenir pour le moment. Pourtant, d'habitude, j'aime bien être dérangée !
Du coup, quand elle nous remercie pour notre curiosité, j'ai envie de lui répondre que sa posture ne permet pas d'être content d'être curieux !