Pour les amateurs de décalé, le nouveau clip de Philippe Katerine ici, avec un contenu très love-love entre les peuples !
Archives de catégorie : Actualités
Bordeaux Chanson d’accord avec Fred Vargas
Nous y sommes
Par Fred Vargas
Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer.
Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y.
Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain
Nucléaire et chanson
Fersen en concert privé
Oui, nous avons dans nos rangs des gens qui entrent en transe dès que l’on prononce ce mot : Fersen.
Pour eux, donc, voici le tuyau de Christo : Thomas Fersen est en concert privé sur telerama.net là.
Aznavour en BD
José Corréa a écrit une BD qui rend hommage à Charles Aznavour, notamment autour des années 50-60, moment où l’artiste a réellement « trouvé sa voie ».
Cet album est accompagné de 2 CD.
Grâce à Christo, nous savons que ce matin (dans l’excellente émission Musique Matin d’Alex Taylor et Emilie Munera) France Musique en a fait une critique élogieuse…
Vous trouverez plus de renseignements ici.
On aura tout vu !
-M- a travaillé avec J. sur son dernier album.

Ici, on manque de mots, et vous ?
En tous cas, on dirait que J. s’est remis à cloper, il y a de l’espoir…
Chant Devant, c’est fini
« La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe lors de l’assemblée générale de Clap, mardi soir : « Chant Devant est temporairement supprimé, annonçait Georges Mieyeville, le président de l’association. La décision n’a pas été facile à prendre, mais, d’année en année, cette manifestation amplifie notre déficit et met en péril le travail effectué sur le reste de l’année. Nous avons donc choisi de privilégier le travail de fond plutôt que le festival événementiel. »
D’autant que, cette année, sans le déficit de 22 284 euros dû au festival, les comptes de l’association seraient, pour la première fois depuis plusieurs années, excédentaires.
Les moyens financiers seront donc redistribués sur le reste de la programmation et la mission de Clap recentrée sur son cœur d’activité : la diffusion de spectacles, l’éducation artistique et le soutien à la création.
Rendez-vous en septembre
«Le mois de septembre restera marqué par une soirée d’ouverture, un moment inaugural fort, lors duquel nous présenterons la programmation de la saison prochaine», indique Guillaume Blaise, le responsable du service culture, qui donne rendez-vous à tous le 24 septembre prochain. »
Article Sud Ouest du 24/03/11 en lecture ici.
A Bordeaux Chanson, on est tristes pour plein de raisons ; d’abord parce que Chant Devant était né la même année que notre festival Courant d’Airs, parce qu’un festival chanson qui meurt c’est une affreuse nouvelle, parce qu’on y a vécu des émotions inoubliables, qu’on y a rencontré des gens supers, enfin parce que c’était une sorte de grand frère (leurs moyens étaient tout à fait différents des notres) que nous aimions beaucoup.
Sourigues sec
Tout est dit ci-dessous, sauf que nous, on aime beaucoup Alain Sourigues :

Holalalala
C’est le titre du mail que j’ai reçu il y a quelques jours de la part du chanteur Fabien Boeuf.
Il était accompagné d’un lien que vous trouverez ici.
Vous avez dit prémonitoire ?
Serge invite Vincent, Francis, Gaetan et les autres
Dans l’excellent magazine Serge ici, Cabrel livre sa vision du métier et de sa carrière, tout en pudeur et humilité. Les fans y trouveront de quoi ranimer la flamme… en attendant le prochain album ! On y trouve aussi des photos faites par Delerm, un hommage à la génération Bashung (Biolay, Raphaël et Roussel), un article sur Nino Ferrer, Juliette et ses dessous, et bien d’autres choses encore. Bref, de quoi contenter tous les courants de la chanson !